Le déclin cognitif lié au processus de vieillissement


Le processus naturel de vieillissement

Le corps humain est composé de billions de cellules. Ces cellules sont en perpétuel renouvellement. Dans tous nos organes, les cellules se renouvellent par division cellulaire mais leur capacité à se diviser est limitée. Arrivées au bout de leurs capacités à se répliquer, les cellules peuvent mourir sans être remplacées.


Le vieillissement est lié à un déséquilibre entre le processus de dégradation et le processus de reconstruction et ce déséquilibre est responsable d’une diminution des capacités fonctionnelles de l’organisme. Les changements anatomiques et physiologiques associés à la vieillesse débutent plusieurs années avant l'apparition des signes extérieurs. Plusieurs de ces altérations commencent à se manifester progressivement à partir de 40 ans.

Le vieillissement : phénomène complexe et multifactoriel
Le vieillissement n’est pas la conséquence d’un seul mécanisme. On peut citer entre autres le rôle important :

  • des radicaux libres et du stress oxydatif engendré par ceux-ci. Nos cellules rouillent tel du fer laissé à l’air libre.
  • des mitochondries, les centrales d’énergie de nos cellules. En vieillissant les mitochondries perdent de leur efficacité et ne peuvent plus fournir de l'énergie aux cellules pour survivre.
  • de l’inflammation
  • du manque temporaire de substances essentielles tels glucose et oxygène
  • de la mauvaise circulation sanguine
  • de certaines maladies
  • de facteurs environnementaux et génétiques



Le processus de vieillissement au niveau du cerveau

Chaque organe du corps va connaître certaines modifications dues à l’âge. Les rides suite au vieillissement de la peau et l’ostéoporose suite au vieillissement des os en sont un bon exemple. Citons également les problèmes au niveau vasculaire et cardiaque et l’arthrose. Dès 40-50 ans, le cerveau va également commencer à perdre de sa vitalité, de son efficacité et de sa rapidité dû à des changements physiologiques à divers niveaux. Sa plasticité et son volume vont diminuer. Le cerveau sera moins apte à s’adapter et à emmagasiner des informations.


Les neurones et leur réseau de communication vont être touchés

Les neurones, cellules du système nerveux, sont reliés entre eux par un très vaste réseau de communication. Ils communiquent entres eux par des signaux électriques. Ces signaux ainsi que le réseau de communication sont responsables entre autres de notre prise de décision, de la mémorisation, traitement d’info et de notre humeur. Notre cerveau est capable, en fonction de l’environnement et des expériences vécues par l’individu, de remodeler ses connexions tout au long de notre vie. Ceci s’appelle la plasticité cérébrale.


Au cours du processus de vieillissement, les neurones, connaîtront des changements physiologiques comme toute autre cellule.

  • Elles vont diminuer de taille ou même mourir.
  • Certaines connexions entre neurones vont disparaître et ne seront pas remplacées par de nouvelles voies de communication.
  • La vitesse de communication entre neurones sera plus lente qu’avant. Le message passera moins rapidement et sera moins efficace .

Diminution de la circulation sanguine au niveau du cerveau
Le cerveau est un énorme consommateur d'énergie et son besoin en oxygène et nutriments est très important. Il consomme 20% de l'énergie que notre corps produit pour fonctionner de manière optimale. Avec le temps - tels les tuyaux d’arrivée et d’évacuation d’eau dans notre habitation - les vaisseaux sanguins vont commencer à perdre de leur élasticité, commencer à se boucher et le sang aura plus difficile à circuler et à atteindre les plus petits vaisseaux sanguins (capillaires) afin d’approvisionner toutes les cellules en oxygène et nutriments. Sans l’apport nécessaire, le cerveau fonctionnera moins bien, et les neurones mal approvisionnés ne survivront pas.


Les symptômes visibles et ressentis suite au vieillissement du cerveau

Divers symptômes peuvent survenir suite au vieillissement du cerveau

  • Des pertes de mémoire et de l’oubli plus fréquents
  • Des pertes de concentration et d’attention
  • Des difficultés à mémoriser de nouvelles choses
  • Une vitesse de mémorisation plus lente
  • Un traitement d’info plus lent
  • Des difficultés dans l’apprentissage
  • Une désorientation dans l’espace et dans le temps




Chaque personne va sentir en vieillissant qu’elle n’enregistre plus aussi bien les nouvelles informations et qu’apprendre le fonctionnement d’un nouvel appareil électronique, retenir le contenu d’un article de journal ou les scores de son équipe de football préférée n’est plus aussi facile.

Évolution normale ou pas ?
Il n’est souvent pas simple de savoir si cette diminution est normale compte tenu de son âge, ou pas. Si la majorité de la population voit sa mémoire diminuer très lentement, d’autres personnes vont développer des problèmes importants dans différents domaines cognitifs : mémoire, orientation, langage, concentration, raisonnement... qui s’aggravent rapidement. Ces symptômes peuvent correspondre à ceux d’une maladie de la mémoire. Ils risquent d’entraîner une perte d’autonomie partielle ou totale dans la vie quotidienne.


Les facteurs qui favorisent ou freinent le processus de vieillissement du cerveau


Des facteurs pouvant augmenter le risque sont par exemple :

  • Traumatismes crâniens
  • Obésité à la mi-vie
  • Hypertension à la mi-vie
  • Tabac
  • Diabète
  • Un historique de dépression
  • Des troubles du sommeil



Les facteurs qui peuvent réduire le risque sont, par exemple :

  • Exercices cognitifs
  • Activité physique
  • Consommation modérée d’alcool
  • Un sommeil régulier
  • Des contacts sociaux
  • Gestion de stress


Que faire en cas de suspicion de troubles de mémoire ?

La première des choses à faire est de reconnaitre et d’admettre le problème. En effet, il est très difficile pour certaines personnes d’accepter que ses capacités cognitives soient amoindries. Si vous prenez l’exemple de quelqu’un évoluant dans le domaine académique, il peut être très difficile pour cette personne d’accepter que ses capacités de réflexion, de communication soient en déclin. Et ce certainement de manière constante et irrémédiable s’il n’agit pas rapidement.


Une prise en charge rapide est conseillée dès les premiers troubles de la mémoire, de la concentration et l’attention !

Il est démontré qu’il est possible de ralentir ou même de freiner le déclin cognitif chez une personne souffrant de troubles cognitifs légers si elle est prise en charge rapidement.

Autrement dit, n’attendez pas de vous prendre en main une fois les premières pertes de mémoire présentes. Il est toujours temps d’agir, et profitons de cette plasticité de notre cerveau pour profiter pleinement le plus longtemps possible de notre autonomie, notre qualité de vie et de notre entourage.

- Quelques conseils pour vous aider
- La réserve cognitive, c’est quoi ?

<< Tout homme peut être, s'il le souhaite, sculpteur de son propre cerveau >> (Santiago Ramon y Cajal)